(Actualisé avec démission)
Jack Lang a offert samedi de quitter la présidence de l'Institut du monde arabe (IMA) après la controverse suscitée par la publication de documents révélant sa relation avec le financier et criminel sexuel américain Jeffrey Epstein.
"Afin de préserver l'Institut du monde arabe et son travail exemplaire, et de pouvoir sereinement récuser toutes les accusations qui m'assaillent, je propose de remettre ma démission lors d'un prochain conseil d'administration extraordinaire", écrit l'ancien ministre de la Culture de François Mitterrand dans une lettre publiée par l'AFP et d'autres médias.
Le Quai d'Orsay, autorité de tutelle de l'IMA, a fait savoir que le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot avait pris acte de cette démission et qu'un conseil d'administration serait convoqué sous sept jours pour désigner un président ou une présidente par intérim de l'institution.
Jack Lang doit être entendu dimanche au ministère des Affaires étrangères pour s'expliquer sur ses liens avec Jeffrey Epstein. Il est également visé avec sa fille Caroline par une enquête préliminaire du Parquet national financier pour des soupçons de "blanchiment de fraude fiscale aggravée" alimentés par la nouvelle salve de documents relatifs au dossier Epstein publiée fin janvier par le département américain de la Justice.
"Les accusations portées à mon encontre sont infondées et je le démontrerai, par-delà le bruit et la fureur des tribunaux médiatique et numérique", a déclaré Jack Lang sur X.
CLIMAT "DÉLÉTÈRE"
Dans sa lettre de démission, il estime que "le climat actuel, mêlant attaques personnelles, soupçons et amalgames" est "délétère" et "ne peut que nuire" à l'Institut du monde arabe.
Selon les documents rendus publics, Jack Lang et Jeffrey Epstein ont correspondu par intermittence entre 2012 et 2019, date à laquelle le financier s'est suicidé dans sa cellule avant son procès pour trafic sexuel de mineures à New York.
D'après le site d'information Mediapart, Jack et Caroline Lang sont propriétaires d'une société offshore fondée par Jeffrey Epstein en 2016 et domiciliée dans les Îles Vierges.
Aucun des documents rendus publics jusqu'à présent par le département de la Justice américain ne laisse penser que Jack Lang ait pu avoir d'autres liens que financiers avec Jeffrey Epstein.
C'est sur ces liens présumés que le PNF va enquêter, afin notamment d'établir si Jack Lang a dissimulé des revenus ou d'autres avantages au fisc par l'intermédiaire de la société offshore créée par Jeffrey Epstein.
"Jack Lang trouve très injuste la présentation des faits mais il est combatif et il donnera à son autorité de tutelle comme à la justice ensuite toutes les explications nécessaires pour prouver qu'il est étranger à toute malversation ou toute faute pénale susceptibles de lui être reprochées", a déclaré son avocat, Me Laurent Merlet, sur BFM TV.
"Cela fait 35 ans que je l'accompagne à travers de nombreux bruits de casserole. Et chaque fois qu'une enquête judiciaire a été ouverte, c'est arrivé deux fois en 35 ans, elle s'est soldée par des classements sans suite", a-t-il ajouté.
Caroline Lang, elle aussi mentionnée dans les documents publiés par le département de la Justice, a démissionné cette semaine de la tête d'un syndicat de producteurs de cinéma après la révélation de liens d'intérêt avec Jeffrey Epstein.
"Caroline Lang n'a jamais touché un centime de la société offshore (créée par Jeffrey Epstein). Et à ma connaissance, elle n'a touché aucun argent de Jeffrey Epstein. Mais il me paraît normal que la justice veuille vérifier cela", a dit Me Laurent Merlet sur BFM TV.
(Rédigé par Camille Raynaud, Tangi Salaün, Jean-Stéphane Brosse)

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